Avec 6 kVA, une charge à 2,3 ou 3,7 kW, ou une borne de 7,4 kW bridée ou délestée, suffit le plus souvent à recharger votre voiture électrique sans changer d’abonnement. Il faut pour cela que l’énergie à rendre à la batterie entre dans le temps où la voiture reste branchée, à la puissance que votre logement laisse libre pendant la charge. Une limite fixe doit garder de la marge pour les appareils qui tournent en même temps, et le délestage, qui ajuste la charge à la consommation de la maison, limite les coupures sans les exclure. Ni l’un ni l’autre ne crée de puissance ou de kWh : quand le chauffage et le ballon d’eau chaude tournent la nuit, la voiture reçoit moins.
Les conducteurs de voitures 100 % électriques roulent en moyenne 62 km par jour en semaine, selon une enquête d’Enedis de septembre 2024. Pour un véhicule qui consomme 16 kWh aux 100 km, cela représente environ trois heures de charge à 3,7 kW, pertes comprises, et une nuit de huit heures en rend près de trois fois plus. Augmenter la puissance du compteur ne se justifie que s’il manque encore de l’énergie une fois la borne réglée et pilotée.
En tant qu’installateurs IRVE (la qualification exigée pour poser une borne de plus de 3,7 kW), nous voyons régulièrement des clients mal anticiper ce passage de puissance, alors qu’un pilotage de la charge leur suffirait souvent pour rester en 6 kVA.
Combien de kilomètres récupérer en une nuit avec 6 kVA ?
En huit heures, une charge à 3,7 kW rend 133 à 167 km selon la consommation de la voiture, à condition que cette puissance reste disponible pendant tout le créneau. Une borne de 7,4 kW pilotée autour de 5 kW monte à 180 à 225 km si la maison n’appelle qu’environ 1 kVA la nuit et si le chargeur embarqué de la voiture accepte au moins 5 kW en monophasé ; une prise à 2,3 kW reste entre 83 et 104 km. Pour savoir ce qu’il vous faut, partez de votre journée la plus chargée : l’énergie à rendre à la batterie ce jour-là, divisée par le nombre d’heures où la voiture reste branchée, donne la puissance de charge nécessaire.
| Puissance de charge | 1 heure | 5 heures | 8 heures | 10 heures |
|---|---|---|---|---|
| 2,3 kW (10 A) | 12,9 / 10,4 km | 65 / 52 km | 104 / 83 km | 129 / 104 km |
| 3,7 kW (16 A) | 20,8 / 16,7 km | 104 / 83 km | 167 / 133 km | 208 / 167 km |
| Environ 5 kW (borne 7,4 kW pilotée) | 28,1 / 22,5 km | 141 / 113 km | 225 / 180 km | 281 / 225 km |
Dans chaque case, le premier chiffre vaut pour une voiture qui consomme 16 kWh aux 100 km, le second pour 20 kWh, avec 10 % de pertes entre le compteur et la batterie. Si le chauffage se met en route, la borne pilotée baisse sa puissance pour rester sous la puissance souscrite, et les kilomètres récupérés baissent d’autant.
À 2,3 kW, ces chiffres sont plutôt flatteurs. L’ADAC, l’automobile-club allemand, a publié le 6 août 2026 des mesures de 12,7 à 24,2 % de pertes sur une prise domestique de 10 A, contre 5,1 à 7,0 % sur une wallbox de 11 kW. Nos deux consommations types ne correspondent pas non plus à toutes les voitures : le temps de recharge par modèle varie avec la taille de la batterie et la puissance que chacune accepte.
Lors de nos essais, la Tesla Model 3 se programmait depuis son application, se contentait très bien de 10 A pour une recharge de nuit, et son préchauffage de batterie pouvait être désactivé. La Renault Zoé demandait 8 heures pour 80 % de batterie et acceptait 2,3 kW sans aucun réglage, le mode Green étant conseillé. Pour la Zoé ZE50, Renault annonce de son côté 32 heures pour 395 km sur 2,3 kW, une donnée du constructeur qui ne décrit pas notre essai. La Peugeot e-208 offre peu de possibilités de programmation par elle-même : nous conseillons de l’associer à une wallbox intelligente, et de piloter la charge si la climatisation fonctionne en même temps.
Batterie presque vide et départ tôt
Remonter une batterie de 60 kWh de 15 à 80 % demande 39 kWh, soit 43,3 kWh au compteur avec les pertes : 11,7 heures à 3,7 kW, 8,7 heures avec une borne pilotée autour de 5 kW et 18,8 heures sur une prise à 2,3 kW. Avec une batterie de 40 kWh, la même remontée prend 7,8 heures à 3,7 kW et tient dans une nuit.
L’AVIS D’ISIOHM
« Nous avons posé plus de 300 bornes chez des clients en 6 kVA, et huit utilisateurs sur dix rechargent la nuit sans problème. Les deux autres sont ceux qui rentrent avec moins de 20 % de batterie et doivent repartir le matin. »
Pour un grand départ de temps en temps, une autre stratégie consiste à garder 6 kVA à la maison et à recharger en route sur une borne rapide d’autoroute.
Comment savoir s’il vous faut 6 ou 9 kVA ?
Il vous faut 9 kVA seulement si, une fois la charge programmée et pilotée, l’énergie de votre journée la plus chargée n’entre toujours pas dans le temps de branchement, et cela dépend de ce que votre logement laisse libre pendant la charge. Votre compteur Linky en donne un premier repère : son écran « puissance max » affiche la puissance la plus élevée appelée depuis minuit, en VA, qu’il suffit de diviser par 1 000 pour la comparer aux kVA de votre contrat. Ce relevé repart de zéro chaque nuit, mais l’historique de la puissance maximale atteinte jour après jour se télécharge dans votre espace client Enedis (mon-compte-client.enedis.fr), et c’est là que vous verrez vos pics des soirs d’hiver.
Si vous aviez un ancien compteur, ne vous fiez pas à ce que la maison supportait avant. Mal réglé, il laissait parfois passer plus que la puissance souscrite, alors que le Linky applique exactement le réglage du contrat : une maison qui n’a jamais disjoncté peut disjoncter le jour où une recharge s’ajoute.
Pour des appareils domestiques courants (chauffage électrique à résistance, plaques de cuisson, ballon d’eau chaude, borne), dont la puissance en watts est proche de leur puissance en VA, 6 kVA représentent environ 6 000 W au total pour tout ce qui fonctionne en même temps. C’est un ordre de grandeur, puisque le compteur contrôle des VA. Ce qui compte, c’est ce qui tourne pendant la charge : chauffage, pompe à chaleur, cuisson du soir, et surtout le chauffe-eau commandé par le Linky, qui chauffe en heures creuses et démarre donc en même temps qu’une borne programmée sur les mêmes heures.
Enedis fait correspondre 6 kVA à 30 A en monophasé, et une borne de 7,4 kW appelle 32 A : à pleine puissance, elle dépasse à elle seule l’abonnement. Le Linky compare la puissance appelée à la puissance souscrite ; il ne coupe pas au premier dépassement, mais il coupe si le dépassement dure, et il ne règle en rien la charge de la voiture. Ne comptez pas sur sa tolérance : sur le forum d’Automobile Propre, un abonné en 6 kVA dit avoir tenu 7,8 à 8 kVA pendant plusieurs heures sans coupure, quand un autre, en 9 kVA, a vu son compteur couper en quelques secondes à 13 457 W.
Avant de conseiller un changement de puissance, nous vérifions dans l’ordre :
- L’énergie à rendre à la batterie se calcule pour le jour le plus chargé, pertes comprises : 18 kWh utiles avec 10 % de pertes, récupérés en 5 heures, demandent 4 kW en moyenne au compteur, une puissance que le logement ne laisse pas forcément libre.
- Le créneau de charge sert à payer moins cher : charger hors des heures creuses coûte plus, sans empêcher la recharge.
- La puissance disponible pendant ce créneau s’estime d’abord avec la puissance max relevée sur le Linky pendant plusieurs jours, un repère prudent puisqu’un pic de cuisson à 19 h y compte autant qu’une pointe nocturne ; nous regardons ensuite ce qui tourne vraiment pendant la charge.
- En triphasé, chaque phase se vérifie séparément, car une phase saturée peut limiter la charge et aucune puissance ne passe automatiquement d’une phase à l’autre.
- Enfin, nous chiffrons l’énergie qui manque encore après programmation et pilotage, puisque c’est elle seule qu’une hausse de puissance viendrait combler.
Comment rester en 6 kVA sans faire disjoncter le compteur ?
Avec une borne de 7,4 kW, deux réglages seulement la ramènent sous le seuil de 6 kVA : une limite fixe ou un délestage dynamique. La limite fixe se règle à la mise en service, selon les possibilités du modèle, ou dans la voiture, qui limite alors son courant ; comme elle s’applique à toute heure, une limite trop haute laisse disjoncter le compteur quand le chauffage démarre, et une limite basse bride aussi les nuits où la maison laisserait davantage. Programmer la charge, dans la voiture ou dans la borne, choisit seulement l’heure de départ : la charge ne ralentit pas quand un appareil se met en route ensuite.
Avec le délestage dynamique, la borne mesure la consommation de la maison et ajuste sa puissance en continu. Elle lit cette consommation soit sur la sortie de télé-information du Linky (la TIC, une liaison filaire par laquelle le compteur transmet ses mesures), soit par un module de mesure. La solution que nous jugeons éprouvée associe une programmation de nuit, sur les heures creuses si votre contrat en comporte, et ce délestage. Un module compatible coûte entre 100 et 300 €, et certaines wallbox, comme la Schneider Charge ou l’EVlink Smart, intègrent la fonction d’origine : vérifiez-le dans la notice de la borne. Face aux 48,24 € par an que coûte le passage de 6 à 9 kVA en Heures Creuses, ces 100 à 300 € représentent deux à six ans d’écart, si l’on ne compare que l’abonnement.
Quand la marge manque, la borne réduit sa puissance, puis suspend la charge sous un courant minimal et la relance quand la marge revient, selon les règles de sa notice. Sur une Hager Witty installée en triphasé 18 kVA, un utilisateur a observé une baisse par pas d’environ 1 A, un arrêt sous environ 6 A et une reprise une minute et demie plus tard ; un autre a vu sa Tesla refuser plusieurs fois de reprendre la charge après de nombreux délestages, ce qui ne lui est jamais arrivé avec sa DS3 Crossback. À la réception de la borne, demandez à l’installateur de provoquer un délestage, en allumant le four par exemple, et regardez si votre voiture repart d’elle-même.
Faites préciser sur le devis comment la borne lira la consommation du logement. D’après la FAQ de Schneider Electric, la Schneider Charge se relie sans accessoire à la TIC d’un Linky réglée en mode Standard ou Historique, à moins de 100 m du compteur, par une paire de câbles de 1,5 mm², et se met en service avec l’application eSetup. Le module anti-déclenchement ne sert que si la TIC est impossible, et le module Schneider à transformateur de courant attend au moins 9 A disponibles par phase pour relancer la charge. Un module de mesure se justifie aussi quand la TIC est déjà occupée par une pompe à chaleur ou un chauffage au sol, quand la borne est loin du compteur ou quand le compteur n’a pas de TIC. Selon la référence, la borne lit le Linky directement ou passe par un module, et notre retour de pose sur les bornes qui délestent par le Linky indique lesquelles l’intègrent.
Même délestée, une borne n’exclut pas toute coupure. Dans un commentaire publié en mars 2025 sous un article d’IZI by EDF, un abonné en 12 kVA, équipé d’une borne de 7,4 kW avec délestage, raconte que son compteur disjoncte au démarrage de son chauffage au sol de 9,5 kW pendant la recharge ; la cause n’a pas été établie.
Le cas d’une installation triphasée
En triphasé, un abonnement de 6 kVA donne 2 kVA par phase, et le Linky compare la puissance appelée à la puissance souscrite phase par phase. Une borne monophasée ne dispose que de sa phase, moins ce que cette phase alimente déjà. Une borne triphasée réglée à 6 A appelle environ 1,38 kVA par phase et laisse environ 620 VA sur chacune, une marge si mince qu’il faut la vérifier phase par phase avant la pose.
En 9 kVA triphasé, chaque phase dispose de 3 kVA ; en 12 kVA, de 4 kVA. Une borne triphasée de 11 kW, qui appelle environ 3,68 kVA par phase, ne laisse alors qu’environ 0,32 kVA sur chacune en 12 kVA, et le pilotage devient nécessaire ou non selon ce que chaque phase alimente pendant la charge. Une borne monophasée de 7,4 kW posée sur une installation triphasée demande environ 7,4 kVA sur une seule phase, soit un abonnement de 24 kVA pour charger à pleine puissance sans pilotage. Une borne de 22 kW, qui demande elle aussi au moins 24 kVA, n’apporte rien sur 6 kVA.
Tarif annuel EDF 6 kVA
Au Tarif Bleu d’EDF du 1er août 2026, l’abonnement 6 kVA coûte 190,32 € TTC par an (15,86 € par mois) en option Base comme en Heures Creuses, et 189,60 € en Tempo. Le kWh vaut 0,2001 € en Base ; en Heures Creuses, 0,1589 € pendant les huit heures creuses de la journée et 0,2142 € le reste du temps. Si vous comparez avec une facture établie entre février et juillet 2026, la grille du 1er février affichait 187,80 € par an en Base, avec un kWh à 0,1940 €.
| Puissance souscrite | Intensité en monophasé | Abonnement au 1er août 2026 | Pour la recharge |
|---|---|---|---|
| 3 kVA | 15 A | 145,56 € par an | Une charge à 2,3 kW ne laisse qu’environ 700 VA au logement ; une borne de 3,7 kW dépasse seule l’abonnement |
| 6 kVA | 30 A | 190,32 € par an (Base ou Heures Creuses) | Charge à 2,3 ou 3,7 kW, ou borne de 7,4 kW bridée ou délestée |
| 9 kVA | 45 A | 238,56 € par an (Heures Creuses) | Borne de 7,4 kW à pleine puissance, avec peu de marge pour la maison |
Au Tarif Bleu, l’option Base n’est plus proposée de 9 à 36 kVA aux clients résidentiels : en quittant 6 kVA, un abonné en Base doit passer en Heures Creuses ou en Tempo. Un client déjà en Base 9 kVA la garde tant qu’il ne change ni d’option ni de puissance, et les offres de marché fixent leurs propres conditions. Certains fournisseurs proposent aussi 7 ou 8 kVA, que le Linky sait appliquer, alors que le Tarif Bleu passe directement de 6 à 9 kVA.
Combien coûte le passage à 9 kVA ?
Au Tarif Bleu du 1er août 2026, l’abonnement augmente de 48,24 € par an en Heures Creuses et de 46,80 € en Tempo ; depuis la Base, comptez 48,24 € de plus vers Heures Creuses 9 kVA ou 46,08 € vers Tempo 9 kVA, la facture d’énergie dépendant ensuite de vos créneaux. Pour augmenter la puissance, vous faites la demande auprès de votre fournisseur, et Enedis l’exécute : sur un Linky réglable à distance, elle coûte 4,32 € TTC et s’applique en un jour ou à la date choisie, selon le catalogue des prestations d’Enedis au 1er août 2026. Sans téléopération, le réglage revient à 43,96 € TTC, sous 10 jours ouvrés, ou 5 en express. La première modification n’est pas facturée dans l’année qui suit la pose d’un Linky neuf, et une hausse demandée moins de 12 mois après une baisse est facturée plus cher.
Sur cinq ans, passer de 6 à 9 kVA en Heures Creuses avec un Linky téléopérable coûte 245,52 €, frais compris. La notice du Linky demande de vérifier, avant la hausse, que l’installation intérieure supporte la nouvelle puissance. En 9 kVA, une borne de 7,4 kW qui charge à fond appelle 7 360 VA et ne laisse que 1 640 VA au reste du logement : vous aurez encore intérêt à la piloter.
Quel abonnement EDF pour recharger une voiture électrique ?
Aux prix EDF du 1er août 2026, c’est en choisissant l’option que vous gagnez le plus : dans un foyer type qui ajoute une voiture, passer de la Base aux Heures Creuses fait économiser environ 120 € par an, alors que monter de 6 à 9 kVA en Heures Creuses coûte 48,24 €. Ce foyer consomme 4 000 kWh par an hors voiture, dont 30 % en heures creuses, et sa voiture roule 15 000 km à 16 kWh aux 100 km, soit 2 667 kWh au compteur avec les pertes, tous chargés en heures creuses ; 58 % de ses kWh passent alors en heures creuses. Sa facture d’électricité, abonnement compris, s’élève à 1 524,39 € par an en Base 6 kVA, 1 404,55 € en Heures Creuses 6 kVA et 1 452,79 € en Heures Creuses 9 kVA.
L’option se choisit sur la part des kWh de tout le foyer consommés en heures creuses, pas seulement ceux de la voiture. À abonnement égal en 6 kVA, les Heures Creuses deviennent moins chères que la Base dès que plus de 25,5 % de vos kWh passent en heures creuses. Si vous quittez la Base 6 kVA pour les Heures Creuses 9 kVA, le seuil monte à cause de l’abonnement plus cher : 47,3 % pour 4 000 kWh par an, 40 % pour 6 000 kWh, 36,4 % pour 8 000 kWh ; avec seulement 20 % d’heures creuses sur 6 000 kWh, la facture augmente de 66,48 € par an. Ces seuils sont des exemples, et le vrai calcul se fait avec vos propres kWh, sur les plages de chaque contrat.
EDF propose aussi Vert Électrique Auto, réservée aux maisons individuelles et aux titulaires d’une carte grise de véhicule électrique : sur sa grille du 15 septembre 2026, l’abonnement 6 kVA reste à 15,86 € par mois, le kWh descend à 0,1386 € en heures creuses et monte à 0,2404 € en heures pleines. Zen Online, sur sa grille du 1er août 2026, facture 0,1531 € et 0,2059 €. Sur l’énergie seule et à plages d’heures creuses identiques, Vert Électrique Auto devient moins chère que le Tarif Bleu Heures Creuses au-delà de 56,3 % de kWh du foyer en heures creuses, et que Zen Online au-delà de 70,4 % : à 40 %, son kWh moyen revient à 0,1997 € contre 0,1848 € chez Zen Online, à 80 %, à 0,1590 € contre 0,1637 €. Dans notre foyer type à 58 %, Vert Électrique Auto ne fait gagner qu’environ 5 € par an sur le Tarif Bleu Heures Creuses, et Zen Online, encore sous son seuil de 70,4 %, revient environ 40 € moins cher que Vert Électrique Auto, toujours sur l’énergie seule. Pour juger ces écarts de quelques millièmes d’euro par kWh, mieux vaut les ramener au kilomètre, comme le fait notre page sur le coût de recharge à domicile, contrat par contrat.
Tempo, ouvert dès 6 kVA, descend à 0,1356 € le kWh en heures creuses pendant les 300 jours bleus de l’année, mais monte à 0,7295 € en heures pleines des 22 jours rouges. Nous jugeons Tempo adapté à une recharge de nuit en 6 kVA si vous ne chargez jamais en heures pleines les jours rouges et si le reste du foyer s’y prête. Les offres à prix fixe sur deux ou trois ans se justifient surtout quand on consomme beaucoup en heures pleines ; une recharge faite en heures creuses s’accommode bien du tarif réglementé Heures Creuses ou de Tempo.
Au prix des heures creuses du Tarif Bleu, 0,1589 € le kWh, 200 km reviennent à environ 6 €. Pour 15 000 km par an et 17,8 kWh facturés aux 100 km (les 16 kWh de la batterie, pertes comprises), la recharge coûte environ 424 € par an, moins de 3 € aux 100 km. Après 500 installations, nous constatons que la recharge à domicile en heures creuses reste de loin la solution la plus économique au quotidien. L’écart entre heures pleines et heures creuses vaut 0,0553 € par kWh sur la grille d’août 2026, si bien que déplacer 2 500 kWh par an des unes vers les autres représente environ 138 €, hors abonnement et sans compter le reste du foyer.
Une borne gratuite ne fait mieux que la recharge à domicile que si vous y avez vraiment accès. Au 25 octobre 2026, aucune politique nationale que nous avons examinée n’offre la recharge sans condition à tout le monde, ce qui n’empêche pas les gratuités locales ni celles réservées aux salariés ou aux clients d’un établissement. Il faut encore distinguer l’énergie réellement offerte d’un remboursement en cagnotte sous conditions ou d’un simple tarif bas. Si la borne se trouve à votre travail ou sur un arrêt que vous faites déjà, avec une place libre, le temps d’y laisser la voiture et un moyen d’activation à votre portée, elle peut réduire ce que votre voiture électrique demande à la maison ; un détour ou une attente en plus ne comptent pas de la même façon. À domicile, en 6 kVA, vous gardez une charge et un coût prévisibles chaque soir, tant que l’énergie tient dans le temps de branchement. Les conditions d’une borne de recharge gratuite, limites comprises, se vérifient avant d’y compter.
Depuis le 1er novembre 2025, et jusqu’en 2027, Enedis déplace progressivement les heures creuses : il en reste huit par jour, dont au moins cinq consécutives la nuit entre 23 h et 7 h, et, pour la plupart des foyers concernés, un créneau entre 11 h et 17 h, avec des plages différentes en hiver et en été. Vous êtes prévenu au moins un mois avant. La nuit peut ne compter que cinq heures creuses d’affilée : une recharge de huit heures déborde alors en heures pleines, sauf si la voiture est aussi branchée sur le créneau de l’après-midi. Le chauffe-eau relié au compteur suit seul le changement, alors qu’une voiture ou une borne programmée sur un horaire fixe peut devoir être reprogrammée, en évitant la plage 17 h - 21 h, la plus défavorable pour le réseau selon Enedis. Une borne recalée sur les nouvelles heures creuses démarre encore avec le chauffe-eau, et le délestage reste ce qui ajuste la charge à ce que le ballon laisse libre.
Les prix de cet article sont ceux des grilles de 2026 et ne disent rien de ceux de 2027. Quand Enedis déplace vos heures creuses, la part de vos kWh consommés pendant ces heures change, à prix égal ; quand une nouvelle grille paraît, ce sont les prix qui changent, sur les mêmes plages. Dans le premier cas, votre nouvelle part se compare aux mêmes seuils entre options, tant que votre consommation totale ne bouge pas ; dans le second, ces seuils se déplacent avec les prix. Pour savoir ce que vous paierez, refaites le calcul de votre facture avec vos propres kWh, sur les horaires et aux prix de votre contrat à ce moment-là.
Prise renforcée ou borne avec 6 kVA ?
Pour l’abonnement, les deux se valent : une prise renforcée en 16 A appelle autant qu’une borne réglée à 3,7 kW et se heurte aux mêmes limites de puissance. Quand le besoin quotidien reste faible, une prise renforcée peut suffire, et son prix posé, câble compris se compare à celui d’une borne avant de choisir. Une prise ordinaire n’est pas une prise renforcée : brancher la voiture chaque jour sur une prise existante que personne n’a vérifiée est une erreur que nous avons rencontrée plus de 50 fois, avec un risque d’incendie réel après six mois d’usage intensif.
Quelle installation prévoir pour une borne en 6 kVA ?
Prévoyez un circuit dédié : il part du tableau, n’alimente que la borne et passe par un différentiel 30 mA qui lui est réservé. Le type de ce différentiel suit la notice de la borne et sa propre détection des fuites de courant continu de 6 mA, si bien qu’un type A ou F peut convenir, y compris pour certaines bornes triphasées. La section du câble dépend du courant, de la longueur et du mode de pose, et aucune distance maximale ne vaut pour toutes les installations. Dans un logement, la pose d’une borne de plus de 3,7 kW revient à un professionnel qualifié IRVE (article D353-2 du code de l’énergie).
Pour une configuration type en 6 kVA, nous retenons une wallbox avec délestage, entre 800 et 1 200 €, un câble de 6 mm², un différentiel de type A ou F et jusqu’à 30 m entre le tableau et la borne. Ce sont des repères pour ce montage, pas des règles : une ligne plus longue change la section du câble et le prix.
La pose d’une borne dans un logement, pour ses résidents et par une entreprise qualifiée, bénéficie d’une TVA à 5,5 % (article 278-0 bis N du code général des impôts), qui couvre aussi une prise renforcée de type E d’au moins 14 A posée dans les règles. Sur une installation à 1 500 €, l’économie atteint 181,25 € si ce montant s’entend TTC, 217,50 € s’il est HT. Le crédit d’impôt borne (75 %, plafonné à 500 € par borne pilotable) s’est arrêté avec les dépenses payées au 31 décembre 2025, ce qui change le calcul des aides à la borne en 2026. Le gouvernement a annoncé le 15 octobre 2026 une aide de 500 € pour une borne pilotable en maison individuelle à partir du 1er janvier 2027, intégrée à la prime CEE et probablement liée à l’achat d’un véhicule électrique d’occasion, mais son arrêté n’est pas publié et personne ne peut encore dire qui y aura droit.
Prix d’installation d’une borne de recharge avec EDF
Au 25 octobre 2026, IZI by EDF, la filiale à qui EDF confie la pose des bornes, affiche la borne installée à partir de 1 549 € TTC pour une Vestel EVC04 de 7,4 kW et de 1 699 € TTC pour une Schneider Charge de 7 à 22 kW, TVA à 5,5 % comprise en maison individuelle. La Schneider Charge smart charge de 7 kW démarre à 1 850 € ; la Vestel EVC04 de 22 kW, à 2 099 €, est une borne triphasée dont la pleine puissance est hors de portée d’un abonnement 6 kVA. IZI précise que ces prix peuvent évoluer selon le projet et situe le prix moyen d’une borne posée en maison entre 1 500 et 2 500 € TTC. Aucune condition d’abonnement EDF n’apparaît sur l’offre, où Vert Électrique Auto ne figure qu’en option facultative.
Le prix comprend la borne, ses protections électriques et la pose par un professionnel IRVE. Une visite technique est organisée si le projet l’exige, par exemple sur une installation ancienne, vétuste ou mal sécurisée, et la distance entre la borne et le tableau électrique peut modifier le prix final. Un comparatif d’IZI mis à jour le 16 septembre 2026 incluait jusqu’à 15 mètres de câblage ; la page d’offre actuelle ne précise plus de longueur, donc faites-la écrire sur le devis. Selon la FAQ d’IZI, les bornes de son catalogue délestent : demandez que cette fonction soit réglée pour 6 kVA à la mise en service.
Nous sommes nous-mêmes installateurs, donc concurrents d’IZI, et notre appréciation se lit avec cette réserve : IZI by EDF nous paraît environ 5 à 15 % plus cher que les installateurs indépendants, avec en contrepartie la garantie EDF et une couverture nationale. Cet écart n’a de sens qu’à périmètre identique, avec la même référence de borne, la même distance de câblage, les mêmes accessoires, la même pose et la même TVA ; les prix cités ici sont ceux d’IZI, pas les nôtres. Sur un devis détaillé, chaque étape d’une installation de borne de recharge porte son prix. Chez Isiohm, nous répondons à une demande par une estimation sous 48 heures ouvrées, puis par un devis détaillé ligne par ligne.
Questions fréquentes sur l’abonnement 6 kVA et la recharge VE
Quelle puissance maximale pour une borne à la maison ?
En monophasé, une borne domestique monte à 7,4 kW ; en triphasé, à 11 ou 22 kW. La voiture ne reçoit jamais que la plus faible de trois limites : la puissance réglée sur la borne, celle qu’accepte son chargeur embarqué en courant alternatif, et la marge que le logement laisse sur l’abonnement. Chez vous, la charge passe toujours par ce chargeur embarqué, l’une des différences entre domicile et borne publique.
Que faire quand le Linky affiche PUISS DEPASSEE ?
Le compteur a coupé : débranchez quelques appareils, puis appuyez environ deux secondes sur la touche + du Linky pour rétablir le courant. Si la coupure revient pendant les recharges, la borne charge au-delà de ce que le logement laisse libre, et son réglage ou son délestage est à revoir avec l’installateur.



